MARDI 22 MAI à 11H00
Vente de mobilier courant
A 11h : mannettes, petit mobilier, électroménager.
A 14h : tableaux, gravures, pièces encadrées, bibelots, verrerie, porcelaine et faïence, objets d'art et de décoration, objets de vitrine, luminaire et mobilier de style.
Les bonnes nouvelles allant en nombre impair, voici la troisième : la venue sur le marché de cet improbable est néanmoins ravissant bouquet de fleurs des champs peints par Séraphine Louise. Si vous ignorez encore qui est cet artiste (classé parmi les naïfs) courez plutôt voir le film de Martin Provost, magistralement interprété par l'actrice Yolande Moreau.
Une exposition lui a été consacrée en janvier 2009, à la fondation Dina Vierny (Musée Maillol), qui présentait à l'occasion de la sortie du long métrage, une sélection de 18 toiles de l'artiste, dont les oeuvres prêtées par le musée de Senlis.
C'est peu ? Séraphine n'est pas l'auteur d'une oeuvre fleuve. Dès 1932, date de son internement, elle cesse totalement de peindre. Aujourd'hui, on recense quelque 150 tableaux, même si tous, il est vrai, ne sont pas répertoriés. C'est dire s'il publication du catalogue raisonné de l'artiste, à paraître en 2009, est attendu...
Il devrait permettre de faire la lumière sur l'oeuvre d'une artiste encore trop méconnue, malgré les ouvrages et nombreux articles que lui ont consacrés le collectionneur et marchand d'origine allemande Wilhelm Uhdel, le découvreur de Séraphine, mais aussi du douanier Rousseau, de Louis Vivin et de Camille Bombois, ces artistes « naïfs » qu'il nommait tendrement les « peintres du coeur sacré ».
Si beaucoup reste encore à découvrir ou à préciser sur l'oeuvre de notre peintre, ce que l'on sait avec certitude, finalement, c'est ce que nous en disent ses tableaux : l'incroyable onirisme d'une âme enflammée, porté par la fois, la flamboyance des compositions florales déroutantes de technicité comme d'inspiration, arbre de vie en somme. On reprendra ici le mot de Françoise Mathey, auteur de six femmes peintres, qui a tenté de percer le secret de Séraphine : « c'est celui de la sève qui monte au printemps, fait fleurir les lilas et s'épanouir les pommes du verger. C'est le ministère incommunicable de la création. » Un jaillissement qui explose en autant de bouquets, à l'image de notre toile sans doute peinte dans les années 1927- 1928, lorsque Wilhelm Uhdel, après son retour d'Allemagne, retrouve Séraphine lors de l'exposition de la société des Arts de Senlis, où l'artiste montre ses toiles.
Sur une photographie prise par Anne-Marie Uhdel, la soeur du collectionneur, et reproduite dans le catalogue de l'exposition, Séraphine posent fièrement devant ce tableau installé sur un chevalet. C'est sûr, elle est heureuse : elle est peintre…
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Valérie REGIS Commissaire-Priseur associé titulaire d'un office de commissaire-priseur judiciaire